Cour d’assises I «Connait tout» coupable d’agression sexuelle sur une fille de 4 ans
Le tribunal de Moroni a ouvert depuis la semaine dernière, une session de la cour d’assises dont le second volet se tiendra le mois prochain. Comme toujours, plus de la moitié des affaires sont des agressions sexuelles. Ce mardi, c’était au tour de Said Ahamada, alias «Connait tout», originaire de Ntsoudjini, de répondre de ses actes. Le sexagénaire a été déclaré coupable et a pris une peine de 17 ans de réclusion criminelle. Toutefois, en raison de son état de santé, il a été autorisé à se soigner dans un centre hospitalier local. Épuisé, ce père de 5 enfants, répondait aux questions depuis une chaise. Selon l’ordonnance, les faits l’ayant conduit devant la cour d’assises datent du 17 février 2026 et se seraient produits à Bweni ya Washili. Ce jour-là, vers 10h, la maman de la petite reçoit un appel de sa grande sœur. «A l’autre bout fil, elle l’entend pleurer. Paniquée, elle croit que leur mère a rendu l’âme avant d’apprendre ce qu’on a fait subir à sa fille», raconte, la greffière. Agée de 26 ans, la maman de la victime quitte Moroni et rentre précipitamment au village. En découvrant ce qui s’est passé, elle prend quelques photos de son enfant et sort porter plainte contre celui qui s’avère être un ami de son mari. A la barre, l’accusé ne nie pas son crime. Toutefois, se réfugiant sur l’état d’ivresse dans lequel il se trouvait, le sexagénaire assure qu’il ne se rappelle de rien. Mais au fil de l’audience, les révélations le contredisent. « J’étais inconscient avant d’être pris à partie par des habitants quand je suis sorti de la mosquée. C’est à ce moment-là que j’apprends ce que j’ai fait. Deux minutes plus tard, la gendarmerie m’a embarqué», relate Said Ahamada, affaibli physiquement.A la cour, M «connait tout» révèle qu’il était ivre le 17 février. «J’ai bu 4 vodkas devant la porte de mon atelier après mon café pris à 8h», détaille cet électricien comme si cela l’exempterait. Quand on lui demande pourquoi il se saoulait, l’accusé évoque de problèmes de tension. Selon les informations issues de l’audition de la gendarmerie, le prévenu était sorti acheter du crédit téléphonique quand il est tombé sur la fillette dans la cour en train de jouer. Il l’abusera à son retour en lui donnant 200 francs, l’intimant de ne rien dire. Selon le certificat médical, présenté au tribunal, l’enfant a subi une déchirure et une lésion de l’hymen. La culotte était pleine de sang. Pour cette raison, le juge l’a inculpé pour agression sexuelle par violence, contrainte et menace, martelant la vulnérabilité de l’enfant. Pour rappel, l’article 302 du code pénal punit l’agression sexuelle d’une peine de 15 à 20 ans si la personne a une ascendance sur la mineure de moins de 18 ans. Le parquet général, dans sa réquisition, a réclamé 15 ans de réclusion criminelle. Pendant les débats, l’avocat de la partie civile, Me Abdillahi, a pour sa part mis en lumière l’ascendance que le prévenu avait sur sa victime, venue au monde le 8 novembre 2021. «Il t’arrivait d’offrir ou donner quelque chose à l’enfant et de trainer à la maison», a posé la question l’avocat de la victime, absente hier. «Oui je le faisais, parfois en présence des parents», a répondu le prévenu révélant que le mur séparant son atelier de la maison de la fillette est le même. La victime l’appelait parfois «papa». La défense n’a pas cherché à minimiser ce crime mais a plaidé pour le droit à la santé du sexagénaire qui a passé ces 4 derniers mois à l’hôpital. Si la cour n’a pas été clémente sur la peine d’emprisonnement, elle a toutefois accepté que Said soit pris en charge dans un centre hospitalier local.
المصدر: الوطن