Oeufs de qualité douteuse I Les importations se poursuivent malgré l’essor de la production locale
Depuis plusieurs semaines, des consommateurs se plaignent de la qualité de certains œufs importés et vendus sur le marché comorien. Plusieurs d’entre eux dénoncent la présence de produits qu’ils jugent douteux, alors que les importations se poursuivent notamment depuis l’Inde et la Tanzanie. Face à ces inquiétudes, les données du secteur avicole font état d’une progression de la production nationale, qui couvrirait désormais 85 % des besoins du pays.Dans une note publiée en août 2026, l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia), s’appuyant sur les données de la Direction nationale de l’élevage, fait état d’une production locale estimée à 74 518 œufs par jour, soit environ 2 484 plateaux de 30 œufs. Le taux de ponte est évalué à près de 80 %, ce qui correspond à environ 80 œufs produits quotidiennement pour 100 poules.Cette progression permet de réduire progressivement la dépendance aux importations. Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Élevage et de l’Artisanat, le volume des œufs importés est passé de 278 tonnes en 2023 à 248 tonnes en 2024, puis à 168 tonnes en 2025. «Nous arrivons en ce moment à couvrir 85 % du besoin national. Mais nous travaillons afin de couvrir entièrement nos besoins en œufs d’ici au premier trimestre 2027. Nous sommes en train de construire un entrepôt pour augmenter les capacités de stockage et réduire les fluctuations des prix. Poulet de chair Nous continuons également à construire des poulaillers de grande capacité, pouvant accueillir 1 000 poussins», a expliqué le directeur national des stratégies agricoles, Fouad Mohamed.Malgré ces avancées, la consolidation de la filière avicole reste un défi. Les progrès enregistrés concernent principalement la production d’œufs et ne se traduisent pas encore par une évolution significative du secteur du poulet de chair. Pour développer durablement cette filière, les acteurs devront poursuivre leur accompagnement des éleveurs, mieux structurer les circuits de commercialisation et faciliter l’approvisionnement en provende. Le ministère prévoit également de lancer, à partir du milieu de l’année 2027, des investissements destinés à développer la production locale de poulets de chair. «Nous allons également commencer, au milieu de l’année 2027, les investissements pour la production des poulets de chair, notamment l’installation de l’abattoir industriel, de l’incubateur des poussins et de l’unité de production de la provende, à travers une structure de programme national et de production locale», a précisé Fouad Mohamed.
المصدر: الوطن