Islam et intégration en France I Le chef de l’État pour «un Islam tolérant et ouvert»
Le président de la République, Azali Assoumani, a défendu sa position en faveur «d’un Islam tolérant et ouvert» en France au cours d’un entretien, vendredi 9 octobre, avec le recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. Le chef de l’Etat, en visite privée à Paris, a effectué la prière hebdomadaire du vendredi avec des centaines de fidèles peu avant sa rencontre avec le recteur. Ce dernier lui a offert (ici notre photo) une copie du Noble Coran conçue à l’occasion de la célébration, cette année, du centenaire de la Mosquée de Paris (1926-2026). Les deux personnalités se sont félicitées de l’esprit de fraternité qui guide les musulmans de France, toutes nationalités confondues et les dispositions prises pour faciliter les prières des fidèles. «Nous pouvons accueillir pendant les vendredis entre 8 mille et 14 mille fidèles avec un minimum de 3 mille cinq cent à la mosquée», a souligné Chems-Eddine Hafiz. Ce dernier a rendu hommage aux autorités françaises suite à l’accompagnement du plan de formation des imams de la mosquée et au soutien pour lutter contre les idéologies contraires aux principes de la foi musulmane. Le chef de l’Etat et le recteur de la Grande mosquée de Paris ont partagé une vision commune sur l’Islam, débarrassé des idéologies extrémistes et radicales. Les deux hommes ont abordé ce sujet en raison des amalgames entretenus autour de la religion et la stigmatisation rampante dont sont victimes les communautés musulmanes en France. La foi et les valeurs de la République française Azali Assoumani et Chems-Eddine Hafiz rejettent ces amalgames, estimant, au cours de leurs échanges, que l’enjeu de l’intégration des musulmans en France consiste à d’abord bannir le lien entre l’Islam et les auteurs des actes terroristes. «Ils ont beaucoup échangé sur ce point et estiment injuste d’associer les musulmans aux actes perpétrés par des fous au nom de la religion musulmane», nous dit une des personnes ayant assisté à la rencontre. Cette préoccupation partagée par les deux personnalités s’explique en grande partie par le discours aux relents xénophobes et racistes tenus par certains partis politiques en France et les propositions visant à durcir les conditions d’intégration de certains musulmans dans la société française. Les actes terroristes enregistrés ces dix dernières années et le climat d’insécurité sont souvent brandis pour «justifier des politiques encore plus dures» contre certains membres des communautés musulmanes, issus surtout de l’immigration. Attachés à la logique de dissocier la conscience religieuse de la politique, le chef de l’Etat et le recteur de la Grande Mosquée de Paris souhaitent une intégration guidée par la foi et fondée sur les valeurs de la République française. «La République savait alors reconnaître l’Islam sans craindre pour elle-même, honorer des croyants sans renoncer à la laïcité, et inscrire leur présence dans l’histoire nationale sans leur demander de choisir entre leur foi et la France», avait écrit Chems-Eddine Hafiz dans une tribune, publiée le 12 septembre dernier, au journal Le Monde. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris avait réagi à «la proposition du Rassemblement national d’interdire le foulard dans l’espace public et de sanctionner par une amende les femmes qui le portent». Le président de la République a rejeté le fanatisme religieux qui donne ainsi aujourd’hui du grain à moudre aux partis extrémistes français jusqu’à en faire une matière propre de leurs corpus idéologiques. Les musulmans représentent 10% de la population française, selon des chiffres officiels, soit plus de 6 millions de fidèles. Plus de 400 mille Comoriens étaient enregistrés en France en 2009, selon une «Etude sur la diaspora comorienne en France», réalisée en 2009 par le Réseau des diasporas solidaires. Les Comores font aujourd’hui partie des communautés musulmanes «les mieux intégrées en France», selon toujours cette étude.
المصدر: الوطن