شبكة سلامتك الاخبارية أخبار عربية من مصادرها
…

Fête du livre «Uonezi na tarehi» I Wani a accueilli la première édition

Fête du livre «Uonezi na tarehi» I Wani a accueilli la première édition

Les auteurs et maisons d’édition comoriens se sont réunis à Wani, samedi et dimanche, pour célébrer la première édition de la Fête du Livre, «Uonezi na tarehi». L’événement a réuni des personnalités publiques, des élus, des représentants de l’Université des Comores, en plus des auteurs, des professeurs, des étudiants et des élèves. Pour ce rendez-vous pris au Stade Caso, le thème choisi a été «Regard sur l’histoire».Avaient pris part à cet événement, le journaliste Kamel’Edine Saindou, le Dr Anssoufouddine Mohamed, l’ancien gouverneur de l’île de Ndzuani, Anissi Chamsidine, Idrisse Moussa et le club Soirhane de Mirontsi. Outres des discours et des présentations d’ouvrages, une série de conférences a été organisée, notamment, au Clac de Wani et au centre universitaire de Patsi. La première conférence a été animée par l’auteur Saindoune Ben Ali sur le thème «La littérature comorienne aujourd’hui : état des lieux et défis. Rôle de l’écrivain comorien». La deuxième a porté sur le thème «La femme et la littérature», un entretien entre Sittou Raghadat Mohamed et Coralie Frei, animé par le journaliste Kamal Eddine Saindou. La journée s’est conclue avec celle de Oubeid Maeva, avec pour thème «Du hadith à l’écrit : transmettre notre mémoire aux générations de demain». «Piliers de développement social et intellectuel» A cette occasion, le linguiste et écrivain, Mohamed Ahmed Chamanga, a souligné le rôle central de cet événement littéraire pour la transmission culturelle. Selon le grand intellectuel comorien «l’hospitalité» de cette Fête du Livre a germé, l’ambition était simple mais fondamentale : faire de Wani un carrefour du savoir, de la création littéraire et du partage d’idées. «Le livre n’est pas un simple assemblage de pages et d’encre. Il est un pont important entre les générations, une fenêtre ouverte sur le monde et un miroir dans lequel peut-être une nation contemple avec plus d’amour sa culture, ses rêves. En célébrant le livre au sein de Wani, à Ndzuani, nous affirmons, haut et fort, que la Culture et la lecture sont les piliers de notre développement social et intellectuel», devait-il déclarer. Pour sa part, le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a, dans son discours, plaidé pour un soutien accru à la production littéraire locale et à la langue maternelle. «La culture est le cœur battant d’une nation, elle est le ciment de notre unité, le phare qui éclaire notre marche vers l’émergence. Pourtant, force est de constater, comme on s’était rappelé, que l’accès aux œuvres littéraires de nos auteurs comoriens reste un luxe inaccessible pour la grande majorité de nos concitoyens. En soutenant le livre et le shikomori, nous investissons dans l’éducation, dans la paix sociale, dans l’émancipation intellectuelle de la jeunesse comorienne. Aux générations, le livre est un espace de liberté, d’émancipation et d’ambition. Lire nos auteurs, c’est apprendre à se connaître et à aimer sa terre. Ecrire à leur suite, c’est apprendre, c’est prendre en main le récit de notre avenir», a-t-il soutenu, avant de rappeler l’urgence qu’il y avait à faciliter l’accès aux livres pour préserver l’identité nationale : «A l’ère du numérique et de la mondialisation culturelle, le livre reste le rempart le plus solide contre l’oubli. Plonger son regard dans l’histoire, à travers les pages des ouvrages, c’est donner à notre jeunesse les clés pour comprendre d’où elle vient, afin de savoir où elle doit aller, mais aussi de revenir à la source de nos enseignements sacrés et de notre éducation. En nous unissant au cœur par la sagesse et la lecture, nous transformerons la violence de ce monde en une promesse, en une promesse lumineuse d’unité et de dignité retrouvée. C’est pourquoi, plus que jamais, notre jeunesse doit trouver refuge dans les livres. Tourner une page, c’est refuser la loi du plus fort, c’est cultiver l’empathie et s’armer d’un esprit éthique», a-t-il fait savoir. Un appel à «faciliter l’accès aux livres» Revenant sur les ambitions de cette initiative culturelle, l’éditeur et auteur, Patrice Abdallah, a insisté sur la nécessité de créer des espaces locaux de rencontre. «Un livre ne vit véritablement que lorsqu’il rencontre son lecteur, et une littérature nationale ne peut se construire durablement si ceux à qui elle s’adresse ne lui accordent ni attention ni place dans leur quotidien. C’est de ce constat qu’est née l’idée de cette Fête du livre, du manque d’intérêt pour la lecture, de la difficulté d’accéder aux ouvrages et parfois de l’absence même d’un véritable lectorat. Nous avons voulu créer, ici à Wani, un espace de rencontre entre les écrivains, les éditeurs et le public pour rapprocher le livre de ceux qui devraient naturellement en être les premiers destinataires», dit-il. Abordant les réalités du marché du livre aux Comores, Patrice Abdallah a alerté sur les risques de déconnecter la population de sa propre littérature. «A ceux qui souhaiteraient découvrir les œuvres de nos écrivains, mais qui les jugent inaccessibles parce qu’elles sont souvent publiées loin du pays et difficiles à se procurer, je connais ces difficultés, elles sont réelles. Mais j’ose aussi croire en une vérité que nous ne pouvons plus ignorer : si nous ne lisons pas nos propres auteurs, nous finirons par perdre la part essentielle de notre imaginaire, de notre identité culturelle et de notre savoir. Et inexorablement, nos fondations, nos maisons d’édition disparaîtront, ôtant le cœur pour faire vivre les œuvres qu’elles publient», a-t-il martelé. Dans la même dynamique, le directeur du centre universitaire de Patsy, Dr Ibrahim Saïd Ali, a annoncé la volonté de l’Udc de créer une bibliothèque de référence nationale. «Désormais, l’Université des Comores est prête à acquérir tout ouvrage publié par un auteur comorien, ou tout ouvrage qui parle des Comores, où qu’il soit publié dans le monde. Nous allons créer une collection nationale de référence. J’appelle ainsi tous les auteurs comoriens de la diaspora et d’ici à y déposer leurs œuvres pour qu’elle soit lue, étudiée, archivée pour les générations futures» a-t-il appelé avant de soutenir : «Chaque livre donné est une porte ouverte pour un étudiant».

المصدر: الوطن