Surveillance sanitaire : les Comores consolident leur dispositif de prévention des risques
Du 6 au 23 octobre 2026, la Commission de l’océan Indien (Coi), à travers son réseau SEGA – One Health, a mené une série d’activités aux Comores pour renforcer les capacités nationales de surveillance, de prévention et de réponse aux menaces sanitaires. Financée par l’Agence française de développement (Afd), cette mission a mobilisé des acteurs de la santé humaine, animale et environnementale à Ngazidja, Ndzuani et Mwali. Pendant près de trois semaines, les équipes de la Coi ont déployé plusieurs activités dans le cadre du projet « Sécurité sanitaire Indopacifique ». L’initiative vise à améliorer la détection précoce des risques sanitaires et à renforcer la coordination entre les différents secteurs concernés.Quatre axes ont structuré cette intervention : le renforcement de la surveillance sanitaire aux points d’entrée, la supervision des services de santé, la communication sur les risques et la mobilisation communautaire, ainsi que la surveillance des maladies animales.Dans six ports et aéroports du pays, les équipes comoriennes ont bénéficié de l’accompagnement d’experts de l’Agence régionale de santé de La Réunion et du Centre de contrôle et de prévention des maladies – One Health de l’océan Indien.Les travaux ont notamment porté sur le contrôle sanitaire aux frontières, l’identification et l’orientation des voyageurs présentant des symptômes suspects, ainsi que l’amélioration des mécanismes de transmission des alertes sanitaires. Parallèlement, la Direction générale de la santé a conduit une mission de supervision à Ngazidja, Ndzuani et Mwali. L’objectif était d’accompagner les structures sanitaires et d’améliorer la remontée des informations nécessaires à une intervention rapide et adaptée.La santé animale a également occupé une place importante dans cette mission. Du 19 au 22 octobre, un atelier organisé avec la Direction nationale de l’élevage a été consacré au renforcement du Réseau national d’épidémiosurveillance des maladies animales aux Comores.«L’objectif est d’améliorer la collecte, l’analyse et le partage des informations relatives aux maladies animales. Cette démarche repose sur une collaboration accrue entre les services vétérinaires, les professionnels formés en épidémiologie de terrain et les agents de santé communautaire», souligne le communiqué de presse publié à l’issue de la mission.Cette approche, dite «One Health» (Une seule santé), vise à mieux prendre en compte les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement, afin de détecter plus rapidement les menaces susceptibles d’affecter les populations. La mobilisation communautaire a constitué un autre volet de l’intervention. Du 12 au 16 octobre, à Moroni, une formation intersectorielle consacrée à la communication sur les risques et à l’engagement communautaire a réuni des professionnels des secteurs de la santé humaine, de l’élevage, de l’environnement et de la météorologie.«À travers des exercices pratiques, les participants ont travaillé sur l’élaboration de stratégies de communication et de campagnes de prévention adaptées aux réalités locales, aux préoccupations et aux habitudes des populations », précise le communiqué. La formation s’est appuyée sur des supports pédagogiques développés dans le cadre d’une collaboration avec le Réseau océanien de surveillance de la santé publique (Rossp), puis adaptés au contexte comorien. Deux experts comoriens, précédemment formés à Madagascar, ont également pris part à son animation, aux côtés des équipes régionales et d’un expert de l’unité EpiMACT. Au-delà des formations et des missions de supervision, l’enjeu consiste désormais à pérenniser les compétences acquises et à les intégrer dans les pratiques quotidiennes des services concernés.Un accompagnement des équipes nationales est prévu pour faciliter l’application des méthodes enseignées et favoriser le transfert de compétences entre les différents acteurs et les îles. Pour Outiati Ahmed Selemane, responsable de la surveillance épidémiologique de la région sanitaire d’Anjouan et bénéficiaire des formations, cette démarche contribue à améliorer la collaboration entre les acteurs de terrain. «Ces activités nous aident à mieux travailler ensemble et à rester à l’écoute des communautés pour repérer les alertes plus tôt et réagir plus vite», souligne-t-elle.Pour rappel, le réseau SEGA – One Health, porté par la Coi, rassemble les acteurs de la santé humaine, animale et environnementale des États membres. Il constitue une plateforme régionale de coopération, de surveillance et d’échange d’expertise destinée à renforcer la prévention et la réponse aux menaces sanitaires dans l’océan Indien. Il bénéficie du soutien de l’Agence française de développement.
المصدر: الوطن