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Décès d’Athoumane Abdouroihamane I La justice parle «d’une mort naturelle»

Décès d’Athoumane Abdouroihamane I La justice parle «d’une mort naturelle»

Le procureur général et la procureure de la République ont tenu un point de presse conjoint hier en début de soirée pour annoncer le décès d'Athoumani Abdouroihamane, âgé de 22 ans. «Le commandant de la gendarmerie m’a téléphoné pour m’informer de la dégradation soudaine de l’état de santé du prisonnier Monsieur Athoumane Abdouroihamane, âgé de 22 ans. Immédiatement après, j’ai ordonné son transfert au Service de santé militaire afin qu’il reçoive les sons médicaux d’urgence appropriés. Quelques heures plus tard, la gendarmerie m’a notifié le décès du condamné Athoumane Abdouroihamane. Il ressort du certificat médical établi par le médecin traitant les éléments suivants : Monsieur Athoumane Abdouroihamane, âgé de 22 ans, est décédé d’une mort naturelle», a déclaré le procureur général Hamada Hamidou.Pour rappel, le détenu aurait été incarcéré à la caserne de Mdé, une annexe gérée par le commandement de la gendarmerie, d’après un rapport de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (Cndhl). Lors de l’audience du 14 octobre, Athoumani Abdouroihamane avait reconnu avoir aidé à dissimuler le corps de Naicha M’madi Abdou avant de procéder à son incinération. Le 19 mai, jour du meurtre, Fahami Moustoifa avait apporté une lame de ciseau à l’atelier de menuiserie pour la faire aiguiser. Il l’avait confiée à Athoumani, qui s’en était chargé, même si Fahami affirmait ne pas avoir utilisé cet outil pour commettre son crime. «Quand Naicha est arrivée, il m’a appelé pour lui tenir compagnie le temps de transporter un sac de sa mère au marché. Je suis allé la voir avant de retourner à l’atelier. La seconde fois que j’ai reçu un appel de Fahami, il était silencieux. Je me suis rendu sur place et découvert qu’il l’avait déjà tuée», avait expliqué Athoumani aux membres de la cour. Il niait toute participation au meurtre de la victime, qui s’était rendue à Dzahadjou, le 19 mai, pour récupérer un ordinateur portable.Naicha avait remis la somme de 95 000 francs à Fahami, un collègue du centre hospitalier de Foumbouni, afin qu’il lui achète cet ordinateur. N’ayant reçu ni l’argent ni le matériel, elle n’avait cessé de lui demander des comptes. Face aux insistances de Naicha, Fahami avait prévenu Athoumani qu’il «la tuerait». C’est notamment à partir de cet élément que la justice a retenu la complicité d’Athoumani, qui avait gardé le silence alors qu’il connaissait les intentions de son ami. Dans ses réquisitions, le parquet avait demandé la peine capitale contre Athoumani. La partie civile le présentait, quant à elle, comme l’un des principaux acteurs de cette affaire. La cour lui avait finalement infligé 25 ans de réclusion criminelle, en tenant compte de circonstances atténuantes, notamment de sa contribution à la localisation du corps, qui était resté introuvable depuis le 19 mai. Le procureur n’avait pas caché son intention de faire appel de cette décision. Lors de son réquisitoire, il avait ouvertement souhaité la condamnation à mort des deux principaux accusés. Depuis l’éclatement de cette affaire, de nombreux Comoriens réclament l’exécution des condamnés à mort. Dans son rapport de 2024, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) réitérait pourtant sa position en faveur de l’abolition de la peine de mort.

المصدر: الوطن