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Assassinat de Naicha Mmadi Abdou I Seize heures d’audience pour faire la lumière sur un crime prémédité

Assassinat de Naicha Mmadi Abdou I Seize heures d’audience pour faire la lumière sur un crime prémédité

Seize longues heures. C’est le temps qu’a duré le procès de Naicha Mmadi Abdou, sauvagement assassinée à Dzahadjou dans la région de Mbadjini en mai dernier. Malgré l’épuisement et la fatigue, les gens sont restés jusqu’à la délibération du verdict. Même si à partir de 23h, certaines mamans, exténuées, ont fini par s’allonger sur les bancs de la salle d’audience. A minuit 45, les jurés apparaissent enfin, pour prononcer les décisions prises par la cour d’assises. Sans surprise, après ses aveux, Fahami Moustoifa, principal auteur, a écopé de la peine de mort. Son complice, Athoumani Abdouroihamane, a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle alors qu’Elamine Moumine, oncle de Fahami, bénéficie d’un acquittement pour sa complicité passive non établie. Insatisfait des deux dernières décisions de la cour, le ministère public a annoncé son intention de faire appel, qui rappelons-le n’est pas suspensif, surtout pour le prévenu acquitté. L’audience a débuté à partir de 9h55 dans une salle remplie de femmes majoritairement. Appelé à la barre en premier, Fahami reconnait être passé à l’acte. « Oui je l’ai tuée en lui portant un coup de couteau sur le flanc», avoue l’accusé. Pendant les débats, il a été établi que le mobile financier a motivé ce crime. Naicha Mmadi Abdou, qui travaillait au service d’ophtalmologie du centre hospitalier de Foumbouni, avait remis 95 000 francs à Fahami, également aide-soignant dans le même hôpital pour lui commander un ordinateur. Elle s’est rendue à Dzahadjou donc pour récupérer l’appareil auprès de son ami qui l’avait rassurée que l’ordinateur était là. Mais en réalité il s’est avéré que c’était un piège. L’acte de mise en accusation a révélé que le 18 mai, la veille de l’acte, Fahami a envoyé à son ami Athoumani un message lui annonçant qu’il envisageait de tuer Naicha qui réclamait son argent avec insistance. «Je ne le prenais pas au sérieux, voilà pourquoi je n’ai pas cherché à alerter la victime quand je l’ai rencontrée à la cabane de Fahami», s’est défendu Athoumani, reconnu coupable de complicité pour avoir aidé son ami à dissimuler et incendier le corps de la jeune de 24 ans, retrouvé le 22 mai dans un champ, après trois jours de recherches. Tout au long des débats, le ministère public et la cour ont tout fait pour ressortir les éléments qui établissent la préméditation de cet assassinat. A commencer par l’invitation de Naicha à Dzahadjou alors qu’aucun ordinateur n’avait été en réalité acheté. Athoumani a reconnu devant les jurés qu’il a aiguisé une lame de ciseau apportée par son ami le jour où l’horreur a été commis. «Il disait se préparer pour s’en servir quand il voudra manger des mangues», a ajouté Athoumani, qui a participé à cacher dans les buissons le cadavre après l’avoir incendié. Ces deux actes ont joué un rôle dans le maintien des infractions de recel et profanation de corps. Dans les détails donnés à travers l’interrogatoire, l’on apprend qu’après son assassinat, Naicha a été cachée jusqu’à la tombée de la nuit avant d’être portée par les deux acolytes dans un champs, appelé «Malazini». Ils y ont utilisé de l’alcool comme combustible pour allumer le feu. «Le lendemain, nous sommes retournés pour vérifier et déplacer le reste car c’est un champ très fréquenté par ma famille », a rapporté Fahami, qui avait fini par agacer l’assistance en raison de la façon dont il répondait aux questions. « Aaan», répétait-il pour dire oui. Elamine Moumine, 32 ans et propriétaire de l’atelier de menuiserie, avait été questionné sur les raisons pour lesquelles il n’a pas tout révélé le 20 mai. «Je n’y croyais pas quand Athoumani m’a informé que Naicha était morte. J’étais dans un déni. Mais le lendemain, quand il a sollicité mon aide pour s’enfuir, je me suis ressaisi et l’ai invité à dormir avec moi. Le matin, je l’ai remis aux gendarmes », a raconté Elamine, père de 5 enfants. Son implication dans l’arrestation de Fahami et Athoumani a convaincu la cour de son innocence. Même si la partie civile et le ministère public ont réclamé sa condamnation pour son silence qui a «trop duré».

المصدر: الوطن