Intoxication au pétrole : 53 cas enregistrés en deux mois à El-Maarouf
Les accidents domestiques impliquant des enfants ayant avalé du pétrole inquiètent les professionnels de santé. Face à cette situation, les médecins pédiatres appellent les parents à renforcer la surveillance des enfants et à sécuriser le stockage des produits dangereux.Le médecin pédiatre Dr Zoubeir Boinaid rappelle que l’ingestion de pétrole peut entraîner de graves complications. «Les moyens à procéder pour sauver un enfant qui a consommé du pétrole, c’est de l’amener directement à l’hôpital», insiste-t-il. Les risques concernent notamment les systèmes respiratoire et cardiovasculaire. Des infections pulmonaires, des atteintes cardiaques et, dans certains cas, des signes neurologiques peuvent survenir à la suite de cette intoxication. Si les décès restent peu fréquents, les conséquences sur la santé peuvent être sérieuses. Les complications ne se manifestent pas nécessairement immédiatement après l’ingestion, ce qui rend indispensable une prise en charge médicale rapide. Le pédiatre recommande ainsi de conduire l’enfant vers l’établissement de santé le plus proche, sans attendre de pouvoir rejoindre El-Maarouf. À l’hôpital, l’enfant est placé sous surveillance pendant six à vingt-quatre heures, selon l’évaluation médicale, afin de détecter d’éventuelles complications tardives. Cette période d’observation permet aux soignants de suivre son état et d’intervenir si des symptômes apparaissent. Le médecin met également en garde contre une pratique encore courante dans les ménages : faire vomir l’enfant après l’ingestion d’un produit toxique. «Ce n’est plus recommandé», explique-t-il. En provoquant des vomissements, on risque de favoriser le passage du produit vers les poumons et d’aggraver les lésions. Il déconseille donc toute tentative de faire vomir l’enfant et préconise une consultation médicale immédiate. En cas de projection de pétrole sur les vêtements, il est également nécessaire de retirer les habits souillés et de laver la peau à l’eau et au savon, tout en évitant de retarder le départ vers l’hôpital, selon toujours notre interlocuteur. Les chiffres communiqués par le service de pédiatrie témoignent de l’ampleur du problème. En 2025, 61 cas d’intoxication au pétrole y ont été enregistrés, sans décès. En revanche, 53 cas ont été recensés au cours des mois d’août et de septembre 2026, avec le décès d’un nourrisson âgé de moins d’un an. Face à ces accidents, Dr Zoubeir Boinaid appelle les parents à prendre des mesures préventives au quotidien. Il recommande de conserver les récipients contenant du pétrole dans des endroits sûrs, stables et hors de portée des enfants. Il invite également les adultes à éviter de boire directement à la bouteille et à privilégier les verres ou les gobelets, pour ne pas donner le mauvais exemple aux enfants. Cette habitude permettrait notamment d’éviter les confusions entre les contenants de boissons et ceux qui renferment des produits dangereux. La prévention passe ainsi par une meilleure organisation des ménages, une vigilance constante et une réaction rapide en cas d’accident.
المصدر: الوطن