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Chindini : un accord de cogestion «pour mieux protéger les ressources halieutiques»

Chindini : un accord de cogestion «pour mieux protéger les ressources halieutiques»

La commune d’Itsahidi veut renforcer la protection de ses ressources marines. Un accord de cogestion communautaire des ressources halieutiques a été signé mercredi 14octobre à Chindini entre le ministère de la Pêche et la coopérative des pêcheurs de Chindini, en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), dans le cadre du projet Sids-Flagship. Cette convention vise à impliquer davantage les communautés locales dans la gestion durable des ressources marines et la lutte contre les pratiques de pêche destructrices. La cérémonie a débuté par le mot de bienvenue du maire de la commune d’Itsahidi. Dans son intervention, l’édile a appelé les associations et les coopératives de la commune à s’impliquer davantage dans la protection des mangroves, afin de préserver la biodiversité marine. Il a également exhorté les acteurs locaux à “redoubler d’efforts pour mieux réguler les activités de pêche et préserver les ressources dont dépendent de nombreuses familles” . Représentant les pêcheurs de Chindini, Toulaibi Halifax a souligné “l’importance de la pêche dans l’économie locale”. Selon lui, “près de 70 % des habitants de Chindini dépendent directement de cette activité”. Mais cette économie est aujourd’hui confrontée à la présence de pêcheurs venus d’autres régions qui pratiquent des méthodes jugées “dangereuses pour l’environnement marin, notamment l’utilisation d’explosifs, de filets et d’autres techniques interdites”. Cette situation aurait entraîné “une raréfaction des poissons dans les zones habituellement fréquentées par les pêcheurs locaux”. Pour Toulaibi Halifax, la signature de cet accord constitue donc une avancée importante. Il espère notamment que les pêcheurs disposeront désormais de moyens légaux leur permettant de poursuivre et de traduire en justice les personnes qui se livrent à des pratiques illégales et destructrices. De son côté, le représentant de la Fao, Eidiamine Bedja, s’est dit rassuré quant aux perspectives de protection des ressources halieutiques de la zone.Il a insisté sur l’importance de l’engagement de l’ensemble des parties prenantes dans la mise en œuvre de l’accord. La participation du ministère de la Pêche, de la mairie d’Itsahidi et des représentants des pêcheurs traduit, selon lui, “une volonté commune de lutter contre la disparition progressive des espèces marines”. Prenant la parole, le directeur de la Pêche a rappelé la responsabilité de son ministère dans la sécurité alimentaire de la population comorienne. «Notre ministère a la lourde responsabilité de nourrir la population comorienne», a-t-il fait savoir. S’agissant de la zone de pêche de Chindini, Ouroveni et Malé, il a rappelé que les premiers responsables de la sécurité et de la protection de ces espaces sont les pêcheurs eux-mêmes. «C’est à vous qu’incombe cette responsabilité en première», a-t-il insisté. Le conseiller au ministère de l’Environnement, Riziki Athoumani, a, pour sa part, affirmé la volonté de son ministère de contribuer à la protection des ressources marines avec l’appui des Nations unies. L’objectif, selon lui, est de préserver le patrimoine marin, ce qui passe notamment par le renforcement des capacités des communautés locales en matière de gestion durable des ressources halieutiques. Il a également insisté sur “le rôle central des pêcheurs dans cette démarche”. Acteurs directement présents sur le terrain, ces derniers constituent, selon lui, “un maillon essentiel dans la préservation de la biodiversité marine et doivent être au cœur des mécanismes de gestion et de surveillance des ressources”. Le dernier mot est revenu au chef du service de gestion halieutique du ministère de la Pêche, Said Abdoulbar Athoumane Bacri. Celui-ci a expliqué que la cogestion des ressources halieutiques constitue aujourd’hui une voie privilégiée à travers le monde pour assurer leur protection. Il a notamment alerté sur l’évolution inquiétante des ressources marines aux Comores. Citant des études, il estime que si aucune mesure efficace n’est prise, “d’ici 2030”, les ressources halietiuqes risquent de dsparaître en grande quantité. Un comité de suivi sera chargé de veiller à l’application des premières mesures prévues dans le cadre de cette cogestion. Parmi elles figure notamment l’interdiction de la pêche dans les platiers récifaux de novembre à janvier. Ces espaces constituent des zones importantes pour l’évolution des tortues marines et de nombreuses espèces de poissons multicolores, indispensables à l’équilibre de l’écosystème marin.

المصدر: الوطن